La Transquadra de Zéphyrin

30 déc 2014

 

Première étape de Zéphyrin dans la Transquadra 2014-2015

 

St Nazaire – Madère   Juillet 2014.

 

Départ

 

Il y avait quand même pas mal de tension à St Nazaire. Sur Zéphyrin, je me suis rendu compte à 3 heures du départ que la carène était bien sale: 1 heure de plongée en caleçon dans les eaux très douteuses du bassin. Ça a eu l’avantage de faire un peu baisser la pression. Après une grosse bise à Eva et Niels et une grosse sueur froide devant l’écran de l’ordi qui reste noir, c’est parti pour le passage du sas. Comme les moteurs des solos sont plombés, je suis pris en sandwich entre 2 équipages doubles.

Figure 1 : Une algue dans mon saildrive. Grrr !

 

Sur la ligne, Laurent (Oxymore) ne voit pas Patrick (Qosmos), arrêté en attente de la procédure. Résultat: filières et chandeliers arrachés sur Qosmos. Patrick annonce la voix nouée qu’il pense abandonner. Mico lui parle un peu et ça repart. Au départ, peut être pour compenser le stress de l’abordage, Laurent attaque à fond. Il me sort et je suis contraint d’abattre dessous. Résultat: je suis trop dans la rivière avec la fin de la montante dans le nez. Nous entamons un bord de près dans la Loire. Jean Francois (Pour Aster) et Valérie (Vent d’Ox) me passent. En bon brestois de base, je vire derrière Valérie pour me planquer du jus le long de la berge, dans les bouées de mouillage. Nickel: je repasse devant. Les choses se présentent bien.

 

On passe plusieurs marques. Je laisse la cardinale Santiago de Bougado à bâbord et j’approche maintenant (la renverse a eu lieu) de la dernière porte avant la traversée du Golfe de Gascogne (avec un prix pour le premier solo à passer la porte). Laurent laisse la cardinale à tribord. Nom de ^&% ! Je descends vérifier les IC: je suis passé du mauvais coté! Retour en arrière contre le courant pour repasser la marque. Ca gueule sur le bateau. Je croise Renaud (Solua) qui est plié de rire. Ça me calme aussi sec. Je passe la porte 4eme derrière Laurent, Jean Francois et Valérie. Tout est à refaire.

 

Golfe de Gascogne

 

Le vent est de secteur Ouest et les premiers serrent au près. Je choisi plutôt de choquer tout de suite et de glisser sous le vent de la flotte. Comme ca j’ai une bonne vitesse et je raccroche les premiers. A 20:00 je suis 2ème à 0.1 mille de Laurent. Je prépare une bolognaise lyophilisée. Le sachet se renverse dans le cockpit. Je ramasse ce que je peux. Journée moyenne.

 

Le vent sera instable durant la nuit avec de l’orage et de la pluie. A minuit, j’envois le code 5 pour une heure, puis le spi médium de Figaro2, puis le génois et de nouveau le spi médium avec de la pétole. Au matin je suis sous code 5 et enfin au lit. Je passe en tête dans la nuit. L’option a payé. Direction: l’Espagne. Le vent adonne dans la journée et j’envois le grand spi.

Figure 2 : Rencontre avec un Pogo30 (concurrent en double) avant le cap Finistère

Pas de problème durant la 2ème nuit. L’objectif est de se reposer au maximum avant la baston après le Cap Finistère. On en parle à la VHF avec Olivier (Rockall), il est sujet du choix approprié de caleçon pour affronter les éléments. A midi, je suis devant la Corogne, sous le vent de la flotte pour bénéficier de la courbure du vent autour de l’Espagne. Après 2 empennages pour bien descendre à la côte dans l’après midi, je suis au Cap Finistère à 20:00 avec un vent de 20-25 nœuds. Je suis à vue avec Xanlite et Groupe 5. La position sous le vent à payé et j’ai gagné du terrain sur Jean Francois qui est 2ème. Je vois 2 bateaux partir au sud sous le cap (le McDo de Cherbourg et un autre). Ceux la n’ont pas peur de la pétole. J’ai des souvenirs douloureux de calmes terribles sous le vent du Cap Finistère.

 

La baston et le DST

 

Apres le Cap Finistère, la route nous fait passer au sud du DST. C’est aussi la ou il y devrait y avoir le plus de vent. Le vent forcit peu à peu. Je prépare le bateau pour la baston. Je passe sous spi lourd avant la nuit.

Figure 3 : Belles conditions au cap Finistère

Le vent continue à monter. Ca devient bien marrant. Je prends de l’eau et des barres de céréales et je me mets à la barre. Je pense (à tord) que la période de vent fort ne devrait durer que quelques heures et je sais que Jean Francois ne va rien lâcher. C’est parti pour une nuit blanche à la barre. Le vent monte: 30-35 nœuds, claques à 40. Ça envoi du steak. Je claque un 19.75 au compteur. Le bateau se comporte très bien. Le Sun Fast 3200 est particulièrement rassurant dans la brise. Par contre j’ai un problème de safrans qui fait que le bateau est bordier vers bâbord: un instant de déconcentration et je suis sur la fausse panne. C’est chaud. A grande vitesse, je dois bloquer la barre avec le genou pour ne pas partir à l’abattée. Premier gros problème: on croise le rail montant. Je les avais oubliés ceux la. Arr! Je suis bloqué à la barre et je ne peux pas vérifier les routes de collision à l’AIS. Un cargo pose problème, mais un équipage en double sous le vent fait un appel VHF très pro et très poli et le cargo se déroute. Super ! Très sympa! Je souffle un peu. Vers 22:00, j’entends à la VHF que Marc et Renan (Celtics) affalent leur spi. C’est sûrement une très bonne idée, parce que la c’est chaud. Quand ca descends à 35 nœuds je me surprends à souffler en me disant “ah, ça repose” ! La, je ne vois plus mes compteurs.

Figure 4 : Le matin après la piaule. Il reste encore un peu d’air.
Il reste le rail descendant à passer. Les cargos arrivent par l’arrière et je ne les vois pas bien. Juste au moment ou je me dis “c’est bon, c’est passé”, des feux sont inquiétants. Le gisement reste constant. Et ça dure. Très gros stress. Ça se rapproche et je pense que je passe devant. Insidieusement, je prends une route plus abattue pour m’écarter. Et vlan, Zéphyrin part à l’abattée. J’ai juste le temps de plonger et de m’accrocher au fond du cockpit. Je suis sur la tranche. Je largue le spi et le bateau commence à se redresser. Je récupère le spi qui chalute: ok. Le tangon: ok. Il reste un problème, le génois est amarré dans son sac le long des filières et est passé complètement à l’eau dans le vrac. Les chandeliers à chaque bout ont un peu plié et le génois est à cheval sur le chandelier du milieu et fait ancre sous la coque. Impossible de le remonter. Je fini par attaquer les attaches du sac au couteau (en espérant que le génois ne décide pas de se carapater). Le sac pivote alors dans l’axe du bateau et je peux le remonter centimètre par centimètre. Je le saucissonne avec l’écoute de spi et je rentre à l’intérieur. Au lit ! Je jette un coup d’œil sur Adrena et je repère la trajectoire du cargo qui faisait bien une route parallèle avec moi à 14 nœuds. Je découvre aussi la cible AIS de Kefeleg Mor qui fonce à 16 nœuds juste derrière Zéphyrin! J’appelle rapidement pour prévenir Christophe que je suis juste devant et que je me traîne à 10 nœuds sous grand voile seule… et au lit jusqu’au matin.

Figure 5 : Le matin après la piaule. 9 nœuds sous GV seule. Il reste encore 28 nœuds.

Jean Francois a repris du terrain pendant la nuit (il a tenu le spi jusqu’à 2h du matin, chapeau) mais ce n’est pas catastrophique, je reste à 6 milles devant. Ce matin le vent reste fort. Gros petit déjeuner et nettoyage du bazar sur le pont. Le point l’écoute de mon génois belge (j’avais juste mis un crochet en plastique accroché à l’anneau de tangon) a largué dans la nuit et le génois belge à quelques tours autour de l’étais. Je détortille tout ca et je suis surpris par la force de la prise au vent (le génois belge n’est fait que de quelques sangles). Bilan du vrac de la nuit: juste un peu de jeu dans les rivets (de 6 en alliage) du vit de mulet (je renforce tout ca avec une grosse tresse spectra). Je m’en sors plutôt bien. Je renvois de la toile. Dans un claquement, la fermeture éclair de la prise de ris de mon spi lourd lâche (j’ai un spi à ris: si j’explose le grand spi, je défais le ris du lourd et c’est reparti pour un tour). J’empanne et j’envois le grand spi. Il y à 25 nœuds. Il est super stable. Le pied. Je découvre par la même occasion que le pilote tiens mieux en mode “route fond” avec le GPS HF. C’est la veille que j’aurais eu besoin de ca.

Figure 6 : Le matin après la piaule. Le génois saucissonné.

La fin

 

J’empanne dans la nuit pour ne pas trop me rapprocher de la cote portugaise. Il y a une bulle cyclonique qu’il faut éviter. Jean Francois se positionne plus au Sud. Je laisse porter pour me placer devant. Le vent n’est pas très fort (10-15 nœuds) et assez instable. Ca marche le mieux sous pilote en mode “vent apparent” avec des alarmes si les écarts de routes sont trop grands. Une grande soirée musique à suivi jusqu’à 1 heure du matin. Le lendemain, avant-dernière journée, il ne se passe pas grand chose au niveau navigation. Comme j’ai trop d’eau, je me douche à la Volvic. Depuis un certain temps, j’ai abandonné le bel ordonnancement des sachets journaliers de lyophilisé. Je pioche ce qui me fait plaisir dans les différents sacs. Il y a des bonnes et de moins bonnes surprises.

Figure 7 : Arrivée sur Madère. Le génois est déjà endraillé.

L’approche de Madère se fait par le Nord de l’ile de Porto Santo. Le vent se renforce ensuite un peu et refuse. Je contourne la pointe de l’ile Farol. A 100 m de la falaise, le sondeur de trouve pas le fond ! Je fais un affalage digne d’un passage de Rade 1 à la Coupe du Trimaran. Un dernier bord de près dans un vent irrégulier et c’est l’arrivée à Quinta do Lorde. Mico monte à bord pour vérifier les plombs, m’aide à ranger les voiles et fait une très belle manœuvre d’arrivée cul à quai. Le soir, nous trouvons une pression abandonnée dans un recoin du village vacances, elle nous permet de refaire la course pendant la nuit.

Figure 8 : Arrivée sur Madère. Tourner à droite pour Quinta do Lorde.
Bilan

 

Le bateau va bien. Le matériel à bien tenu. J’ai les rivets à remettre sur le vit de mulet, les safrans à changer, le ris du spi lourd à reprendre, la pompe de cale grillée (?) et quelques drisses qui ont un peu ragué. J’ai aussi perdu un sac à spi dans un envoi dans la deuxième nuit: je suis revenu vers l’arrière avec la drisse de génois dans une main et le sac à spi dans l’autre! Et le bateau est parti au tas… haha.

 

Je tiens à remercier Iroise Gréements pour le très beau travail sur les drisses, les bras/écoutes et le tangon, la voilerie Incidences pour le jeu de voile exceptionnel (et solide !), Benoit Lucas pour la carène aux petits oignons et les copains pour le gros travail sur l’électronique.

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